B¨¦atification en Allemagne d¡¯un pr¨ºtre martyr du nazisme
Entretien réalisé par Mario Galgano ¨C Cité du Vatican
Interrogé par Mario Galgano, le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la Promotion de l¡¯Unité des chrétiens et envoyé spécial du Pape François pour cette béatification, nous explique le parcours de ce prêtre qui fut confronté au totalitarisme du régime national-socialiste.
Avant tout, qui était Richard Henkes ?
Le père Henkes était un père de la communauté des pallottins. Il était enseignant, et aussi directeur d¡¯exercices spirituels. À cette époque, il a vu que l¡¯idéologie des nazis était une idéologie qui ne portait pas en elle les valeurs humaines et chrétiennes, mais qui était une idéologie anti-chrétienne et néo-païenne. Il a fait aussi des déclarations publiques contre cette idéologie, surtout en faveur des handicapés, contre le programme d¡¯euthanasie. C¡¯est pour cela que les nationaux-socialistes l¡¯ont emprisonné à Ratibor, et l¡¯ont ensuite transporté au camp de concentration de Dachau, près de Munich. Fin 1944, il y a eu une grande épidémie de typhus dans le camp de concentration, mais le père Henkes était prêt à soigner les malades, et c¡¯est ainsi qu¡¯il a contracté la maladie et il est mort le 22 février 1945. C¡¯est pourquoi le Pape François a déclaré que le père Henkes est un «martyr de l¡¯amour pour le prochain».
Il est allemand, mais vous l¡¯avez souligné dans sa biographie, il a eu des relations avec la population tchèque. Comment a-t-il contribué à la médiation entre les Allemands et la population tchèque ?
La réconciliation entre les Allemands et les Tchèques lui tenait beaucoup à c?ur. Il s¡¯est occupé du soin pastoral de la population dans les régions tchèques, et ensuite dans le camp de concentration, il a appris la langue tchèque car il était convaincu qu¡¯après la guerre il aurait pu travailler pour la réconciliation entre ces deux peuples. En décidant de soigner les malades, aussi ceux de nationalité tchèque, il a beaucoup contribué à la réconciliation, aussi avec son martyre.
Vous êtes responsables pour le dialogue ?cuménique, ici au Vatican. Pouvons-nous aussi interpréter cette béatification aussi comme un signe ?cuménique ?
Le père Richard Henkes est un martyr de l¡¯amour pour le prochain et, en ce sens, il est un exemple pour tous les chrétiens, et non seulement pour les catholiques. Il a vécu une condition très actuelle dont parle souvent le Pape François : l¡¯?cuménisme du sang, l¡¯?cuménisme des martyrs. Dans ce monde, aujourd¡¯hui, la majorité des chrétiens qui sont persécutés au nom de la foi est constituée des chrétiens, et les chrétiens ne sont pas persécutés parce qu¡¯ils sont catholiques, orientaux, orthodoxes, protestants, mais ils sont persécutés parce qu¡¯ils sont chrétiens. En ce sens, le Pape François a dit une fois une chose très forte : les persécuteurs des chrétiens ont une meilleure vision de l¡¯?cuménisme. Eux, ils savent que les chrétiens sont une seule chose.
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